Pratiquer pour apprendre à enquêter
On n'apprend pas l'enquête en écoutant, mais en faisant. Chaque module vous met face à un document, une donnée ou une réponse à traiter. Les instructeurs lisent ce que vous produisez et en discutent avec vous.
Les exercices partent de matériaux comparables à ceux que rencontre un journaliste : un rapport d'autorisation, une analyse d'eau, une étiquette écologique, la réponse d'une entreprise. Vous ne travaillez pas sur des cas simplifiés, mais sur des pièces dont il faut repérer les limites, les omissions et les points qui demandent une vérification supplémentaire.
Chaque travail rendu reçoit un retour individuel. L'instructeur indique où votre raisonnement est solide, où une affirmation dépasse ce que le document permet de dire, et ce qu'il faudrait vérifier avant de publier. Ces commentaires portent sur votre démarche autant que sur le résultat final.
Les trois instructeurs se partagent le parcours selon leur spécialité. Camille Dubuis encadre l'eau et la pollution, Julien Fournier les documents administratifs et la vérification, Nadia Crettaz l'écriture, la correction des erreurs et le droit de réponse. Vous bénéficiez ainsi de regards complémentaires.
La rigueur est au centre du travail : une information sans source reste à l'état d'hypothèse. Vous apprenez à garder une trace de chaque vérification, à noter ce qui n'a pas pu être établi et à le dire clairement dans le texte plutôt que de le laisser deviner.
L'équité complète cette rigueur. Quand une organisation est mise en cause, sa réponse est sollicitée et présentée sans déformation. Vous vous exercez à rédiger des questions précises, à laisser un délai raisonnable et à restituer la position de l'autre partie avec ses propres arguments.
Une bonne enquête se reconnaît à ce qu'elle dit de ce qu'elle ne sait pas encore. C'est cette honnêteté que nous demandons dans chaque exercice rendu.
Nadia Crettaz, instructrice, écriture et éthique
